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Marketing · 6 min de lecture

Comment choisir son positionnement quand on a plusieurs cibles (sans diluer son message)

Plusieurs cibles et un message qui ne parle à personne ? La méthode pour choisir une cible prioritaire, les 3 façons d'organiser son positionnement et quoi faire des autres clients.

Post-it de couleur regroupés en plusieurs colonnes sur une paroi vitrée, à côté d'un bureau avec ordinateur portable
Quand on a plusieurs cibles, on ne choisit pas qui on sert, on choisit à qui le message parle en premier. La méthode : regrouper vos clients par problème (pas par secteur), noter chaque groupe sur cinq critères (rentabilité, intensité du besoin, accessibilité, légitimité, potentiel de recommandation), désigner une cible prioritaire, puis organiser le reste avec l'un des trois modèles : cible principale unique, positionnement par problème commun, ou offres segmentées. Se positionner, ce n'est pas refuser des clients : c'est accepter que votre vitrine ne parle pas à tout le monde.

Le vrai problème, ce n'est pas d'avoir plusieurs cibles

Je vois passer la même page d'accueil au moins une fois par mois. « Nous accompagnons les TPE, les PME, les start-up et les grands comptes dans leur transformation. » Traduction côté prospect : ce n'est pas pour moi, ou alors pas spécialement pour moi. Et un prospect qui ne se reconnaît pas en cinq secondes repart.

Avoir plusieurs cibles, c'est normal. La plupart des fondateurs démarrent en prenant ce qui vient, et c'est plutôt sain au début : ça paie les factures et ça montre où l'offre accroche. Le problème arrive quand ce patchwork devient le message officiel. À force de vouloir parler au restaurateur, à l'avocat et au e-commerçant en même temps, on finit par ne parler vraiment à aucun des trois.

La bonne nouvelle, c'est que vous n'avez pas à choisir entre vos clients actuels. Vous avez à choisir l'ordre dans lequel vous leur parlez.

Étape 1 : regroupez vos cibles par problème, pas par secteur

Ouvrez votre liste de clients (ou de devis signés si vous démarrez) et oubliez un instant les secteurs d'activité. Posez une seule question pour chacun : quel problème précis nous a-t-il payé pour résoudre ?

Très souvent, trois « cibles » différentes sur le papier partagent en réalité le même problème. Un cabinet d'expertise comptable, une agence immobilière et un cabinet de recrutement qui vous achètent tous de la génération de rendez-vous, c'est un seul segment : des entreprises de services qui vivent de la prise de rendez-vous. À l'inverse, deux clients du même secteur peuvent avoir des problèmes qui n'ont rien à voir.

À la fin de cet exercice, vous devriez avoir entre deux et cinq groupes. Au-delà, c'est que vous découpez trop fin, ou que votre offre elle-même est trop large.

Étape 2 : notez chaque groupe sur cinq critères

C'est ici que la décision sort du ressenti. Je fais remplir à mes clients une grille toute bête, chaque critère noté de 1 à 5 :

Carnet ouvert avec une grille de notation dessinée à la main, surligneurs et café sur un bureau blanc

Additionnez. Le groupe qui sort en tête n'est pas toujours celui qui vous rapporte le plus aujourd'hui, et c'est justement l'intérêt. J'ai accompagné une petite agence dont le plus gros client historique arrivait bon dernier : très rentable, mais impossible à répliquer faute de canal pour trouver ses semblables.

Une nuance quand même. Si deux groupes sont au coude-à-coude, départagez avec le critère qui vous fait plaisir : vous allez parler à cette cible tous les jours pendant des mois. Mieux vaut qu'elle vous intéresse.

Étape 3 : choisissez votre modèle de positionnement

Une fois la cible prioritaire identifiée, il reste à décider comment vous traitez les autres. Il existe trois grands modèles, et aucun n'est meilleur dans l'absolu.

Premier modèle, la « cible principale ». Tout votre message public (site, LinkedIn, pitch) parle à une seule cible. Les autres clients restent servis, mais vous ne faites plus de marketing pour eux. C'est le plus efficace pour une petite structure, parce qu'un seul message, c'est un seul site à écrire, un seul jeu de cas clients à mettre en avant, un seul endroit où prospecter.

Deuxième modèle, le « problème commun ». Si l'étape 1 a montré que vos cibles partagent vraiment la même douleur, positionnez-vous sur cette douleur plutôt que sur un secteur. « On remplit l'agenda des cabinets de services » parle au comptable comme au recruteur. Attention au piège : ça ne fonctionne que si le problème est réellement identique, pas juste vaguement ressemblant.

Troisième modèle, les « offres segmentées ». Une marque, mais plusieurs portes d'entrée : une page par cible, des cas clients dédiés, parfois des tarifs différents. Concrètement, ça veut dire des landing pages qui convertissent, parce que chacune parle à un seul profil. C'est puissant, mais coûteux à entretenir. Je ne le conseille qu'à partir du moment où la première cible tourne déjà bien.

Dans tous les cas, gardez en tête l'idée défendue par Michael Porter dans son article « What Is Strategy? » publié dans la Harvard Business Review : une stratégie, c'est aussi choisir ce qu'on ne fait pas. Un positionnement sans renoncement n'en est pas un.

Et les clients qui ne sont pas dans la cible ?

Vous continuez à les servir. Vraiment. Personne ne vous demande de rendre les clés à un client rentable parce qu'il n'est plus sur votre page d'accueil. Ce qui change, c'est que vous n'investissez plus de temps ni d'argent pour en attirer de nouveaux.

S'ils continuent d'arriver par recommandation, tant mieux. Gardez éventuellement une page « autres secteurs accompagnés » ou quelques références discrètes, et regardez dans six mois si ce flux spontané ne mériterait pas de devenir votre deuxième segment.

Testez avant de tout réécrire

Avant de refaire votre site et vos supports, je conseille presque toujours un test rapide sur le terrain, sur quelques semaines.

Le principe : vous écrivez deux ou trois versions de votre message, chacune adressée à un segment, et vous les confrontez à la réalité. Une campagne de prospection par segment, quelques posts LinkedIn ciblés, ou des appels à d'anciens clients de chaque groupe. Vous choisirez ensuite les canaux d'acquisition de clients B2B adaptés à la cible gagnante, mais pour ce test, un seul canal suffit à condition d'être le même pour tous les segments.

Ne regardez pas que le volume de réponses. Regardez la qualité des échanges : qui comprend votre offre sans explication, qui pose des questions sur le prix plutôt que sur le principe, qui vous dit « c'est exactement notre problème ». Ce signal-là vaut plus que n'importe quel taux d'ouverture.

Le bon positionnement, c'est celui qui fait dire à votre prospect « c'est moi » avant même que vous ayez fini votre phrase.

Les erreurs qui reviennent le plus

Questions fréquentes

Q.Est-ce que choisir une cible prioritaire fait perdre du chiffre d'affaires ?

À court terme, rarement, puisque vous continuez à servir vos clients existants et à accepter ceux qui arrivent par recommandation. À moyen terme, c'est plutôt l'inverse que j'observe : un message ciblé rend la prospection plus facile, raccourcit les discussions commerciales et permet souvent de mieux défendre ses prix, parce que le client a le sentiment d'avoir trouvé un spécialiste.

Q.Peut-on avoir deux positionnements avec une seule entreprise ?

Oui, c'est le modèle des offres segmentées : une page, des arguments et des cas clients par cible. Mais c'est un luxe de structure qui tourne déjà. Si vous êtes seul ou à deux, commencez par une cible, faites-la fonctionner, puis ouvrez la seconde porte quand vous avez le temps de l'entretenir correctement.

AR
L'auteur
Antoine Rivière

Moi c'est Antoine Rivière, consultant en marketing digital depuis près de dix ans auprès de PME et de start-up. J'ai créé La Fabrique à Trafic pour partager ce qui marche vraiment en acquisition : SEO, contenu, publicité, outils, sans bullshit ni promesses magiques.

Ici, des méthodes testées, des chiffres, et des retours de terrain. L'objectif : vous aider à faire grandir votre activité en ligne, étape par étape.

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