« Gratuit », ça veut dire quoi exactement chez un éditeur d'emailing ?
Première chose à clarifier, parce que c'est là que la moitié des gens se font avoir : il y a le gratuit à vie (un plan bridé, mais que vous gardez indéfiniment) et l'essai gratuit (14 ou 30 jours, puis carte bancaire). Les deux s'affichent avec le même mot sur les pages de tarifs. Vérifiez qu'on vous parle bien d'un « free plan ».
Ensuite, un plan gratuit bride en général quatre choses : le nombre de contacts, le volume d'envoi (plafonné à la journée ou au mois), les automatisations avancées et le support. Ajoutez la signature de l'éditeur en bas de chaque email : c'est presque toujours le prix à payer.
Est-ce que ça pose un problème ? Pas au début, non. J'ai vu des indépendants tenir plus d'un an en gratuit. On passe au payant quand la liste rapporte, et là, la facture est indolore.
Transparence : certains liens de cette page sont des liens partenaires. Ça ne change rien pour vous, ni ce que je pense de chaque outil (vous verrez que je ne recommande pas le plus connu).
Les cinq logiciels d'emailing gratuits que je conseille en 2026
Brevo, le couteau suisse français
Brevo (l'ancien Sendinblue, société basée à Paris) est celui que je propose le plus souvent en premier rendez-vous. Sa particularité : le plan gratuit ne bride pas vraiment le nombre de contacts, il plafonne les envois par jour. Un modèle à l'envers des autres, et pour beaucoup de projets c'est une bonne nouvelle : grosse base stockée, envois par petites vagues.
Ce que j'aime : les emails transactionnels (confirmation de commande, mot de passe oublié) sont inclus, le SMS est intégré, et tout est en français, support compris. Ce qui coince : l'éditeur de templates est correct sans plus, et la limite journalière frustre vite. La grille est détaillée sur le site officiel de Brevo et elle bouge régulièrement, allez la lire avant de vous décider.
MailerLite, le plus agréable à utiliser
Si vous n'avez jamais touché à un outil d'emailing de votre vie, c'est celui-là. L'éditeur en glisser-déposer est propre, rapide, et les emails sortent soignés sans bidouiller. Le plan gratuit tourne autour du millier d'abonnés, avec des choses que d'autres réservent au payant : formulaires, pop-ups, quelques pages d'atterrissage. C'est mon choix par défaut pour une newsletter éditoriale, un blog, un consultant.
Détail à connaître : MailerLite valide les nouveaux comptes à la main, comptez un jour ou deux. Ne créez pas votre compte le matin de votre premier envoi.

Mailjet, pour ceux qui ont un développeur sous la main
Autre solution française, très solide techniquement. Mailjet brille surtout par son API et ses emails transactionnels : si vous avez une application ou une boutique qui envoie des messages automatiques, c'est un très bon candidat. Le plan gratuit est plafonné à la journée comme au mois. Pour du marketing pur, en revanche, l'expérience reste un cran en dessous de MailerLite. C'est un outil d'ingénieur, ça se sent.
Sender, le plus généreux
Beaucoup moins connu en France, et c'est dommage. Sender propose un plan gratuit particulièrement large en abonnés comme en envois, automatisations incluses (ce qui est rare : la plupart des concurrents gardent ce levier pour le payant). Pour un e-commerce qui veut relancer les paniers abandonnés sans sortir un euro, ça vaut le détour. Le revers : interface pas traduite partout, et moins d'intégrations.
Systeme.io, si vous vendez déjà quelque chose
Cas à part : ce n'est pas un logiciel d'emailing mais une boîte à outils française qui empile tunnels de vente, pages, espace membres et emailing, avec un plan gratuit calibré pour quelques centaines de contacts. Pour un infopreneur, difficile à battre. Pour qui veut juste une newsletter, c'est trop.
Et Mailchimp, alors ?
Longtemps la réponse par défaut, je ne le conseille plus quand le critère numéro un est le budget zéro : l'offre gratuite s'est resserrée et les tarifs grimpent vite dès qu'on la dépasse. Son avantage reste réel, à peu près tout se connecte à lui. Si votre stack en dépend déjà, restez. Sinon, regardez ailleurs.
Lequel prendre selon votre situation
Je fais court, là où les comparatifs perdent tout le monde dans des tableaux à quinze colonnes.
- Newsletter de blog ou de consultant : MailerLite. Simplicité, rendu propre, formulaires inclus.
- Boutique en ligne : Brevo si vous voulez du transactionnel et du SMS, Sender si vous voulez des automatisations gratuites.
- Application ou site avec des emails automatiques : Mailjet, pour l'API.
- Formation, coaching, vente de produit digital : Systeme.io, parce que l'emailing seul ne vous suffira pas.
- Grosse base dormante à réveiller doucement : Brevo, grâce à sa limite journalière plutôt que par contact.
Un point que les gens oublient : si votre formulaire d'inscription est planqué en bas de page, aucun logiciel ne fera de miracle. La vraie question, souvent, c'est de capter les adresses, et là je vous renvoie à construire une page d'atterrissage qui transforme vraiment vos visiteurs.
Les limites qui font mal (et qu'on découvre au mauvais moment)
Le classique : vous cliquez sur envoyer, et l'outil vous annonce qu'une partie de la liste partira aujourd'hui et le reste demain. Pas grave en soi, sauf si votre email annonce une promotion qui se termine ce soir.
Plus sournois : chez certains éditeurs, les désabonnés et les adresses en erreur pèsent encore dans votre quota. Nettoyez votre liste régulièrement.
Dernier piège, la migration. Changer d'outil avec plusieurs milliers de contacts et des formulaires intégrés partout, c'est une journée de travail minimum. Choisissez en pensant à dans deux ans. Même raisonnement pour le reste de votre stack, que ce soit le CRM le plus adapté quand on est une petite structure ou vos outils d'analyse.
Délivrabilité et RGPD : les deux points à ne pas rater
La délivrabilité d'abord : arriver en boîte de réception plutôt qu'en spam. Configurez l'authentification de votre domaine (SPF, DKIM, si possible DMARC) dès l'ouverture du compte, tous les outils cités guident pas à pas. Vingt minutes, et ça change tout. Évitez aussi d'envoyer depuis une adresse en gmail.com : prenez une adresse à votre nom de domaine.
Côté juridique, le consentement doit être libre, spécifique et éclairé : pas de case pré-cochée, un lien de désinscription dans chaque email, aucune base achetée. La page de la CNIL sur la prospection par courrier électronique résume tout en quelques minutes, le régime différant selon que vous écrivez à un particulier ou à un professionnel. Le double opt-in n'est pas obligatoire en France, mais je le recommande : il assainit votre liste dès le départ.
Mon verdict
Si je devais n'en garder qu'un pour quelqu'un qui démarre : MailerLite. Le plus rapide à prendre en main, un résultat visuel correct dès le premier essai. Brevo passe devant dès qu'il y a du transactionnel, du SMS ou une base déjà volumineuse.
Ne passez pas trois semaines à comparer : ouvrez deux comptes gratuits, envoyez le même email test depuis chacun, et gardez celui dont l'interface vous énerve le moins. C'est un critère bête, mais c'est celui qui décide si vous enverrez encore des campagnes dans six mois.
Et gardez en tête que l'emailing ne fait que récolter : il faut d'abord que des gens arrivent sur votre site. Si c'est votre point faible, commencez plutôt par regarder quels outils SEO valent réellement le coup aujourd'hui avant d'optimiser vos objets d'email.



