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Outils · 6 min de lecture

Zapier vs Make : lequel choisir pour automatiser son marketing ?

Zapier ou Make pour relier votre CRM, votre emailing et vos formulaires ? Logique, prix, courbe d'apprentissage, RGPD : mon comparatif de terrain pour trancher selon votre profil.

Ordinateur portable sur un bureau épuré affichant un schéma d'automatisation reliant plusieurs icônes d'applications
Zapier et Make font la même chose sur le papier : relier vos outils marketing entre eux sans développeur. La différence tient à la logique et au prix. Zapier est linéaire, rapide à prendre en main, et facturé à la tâche, ce qui devient cher dès qu'on automatise du volume. Make est visuel, bien plus souple (conditions, boucles, itérations) et facturé à l'opération avec un tarif d'entrée plus bas, mais il demande une demi-journée pour être à l'aise. Si vous avez moins de cinq automatisations simples et pas le temps d'apprendre, prenez Zapier ; si vous comptez brancher tout votre marketing et traiter des centaines de leads par mois, Make est le meilleur rapport puissance/prix.

Le même métier, deux façons de penser

Avant de parler prix ou nombre d'intégrations, il faut comprendre ce que chaque outil a dans la tête. Parce que c'est ça, au fond, qui va rendre votre quotidien agréable ou pénible.

Zapier raisonne en ligne droite. Un déclencheur (un formulaire rempli, un nouveau contact dans le CRM, un paiement), puis une ou plusieurs actions qui s'enchaînent. On appelle ça un « Zap ». C'est simple, lisible, et c'est volontaire : l'outil a été conçu pour que quelqu'un qui n'a jamais automatisé quoi que ce soit monte sa première connexion en dix minutes. Il y a bien des chemins conditionnels et des filtres, mais on sent que ça a été greffé sur une logique de départ très linéaire.

Make (l'ancien Integromat, racheté puis rebaptisé) raisonne en schéma. Vous travaillez sur une toile où chaque module est une bulle que vous reliez à d'autres. Un même scénario peut partir dans trois directions selon la valeur d'un champ, boucler sur une liste de contacts, agréger des résultats, puis repartir. Quand on vient de Zapier, la première ouverture déroute un peu. Au bout de quelques heures, on ne veut plus revenir en arrière, parce qu'on voit enfin ce que fait l'automatisation, d'un seul coup d'œil.

Le prix : la tâche contre l'opération

C'est le point qui fait basculer la plupart des gens que j'accompagne. Je parle mécanique plutôt que montants, qui bougent régulièrement.

Zapier facture à la tâche. Chaque action réussie dans un Zap compte pour une tâche. Le déclencheur, lui, est gratuit. Si votre Zap fait trois choses à chaque nouveau lead, vous consommez trois tâches par lead. Avec quelques centaines de leads par mois et quatre ou cinq Zaps actifs, on atteint vite les paliers payants intermédiaires, et la marche entre deux paliers peut surprendre.

Make facture à l'opération. Chaque module exécuté compte pour une opération, déclencheur compris cette fois. Sur le papier c'est donc légèrement moins favorable, mais les forfaits incluent beaucoup plus d'opérations pour un prix d'entrée nettement plus bas. En pratique, pour un volume équivalent, la facture Make est en général inférieure, parfois de moitié ou plus selon le profil. Les deux proposent une offre gratuite pour tester : très restreinte chez Zapier, plus confortable chez Make. Vérifiez les grilles à jour sur les pages officielles, celle de Zapier et celle de Make, avant de vous décider.

Les intégrations : qui parle à vos outils ?

Zapier a l'avantage de l'antériorité. Son catalogue d'applications compatibles se compte en milliers et c'est souvent le premier connecteur que les éditeurs de logiciels développent, y compris les petits outils de niche. Si vous utilisez un logiciel français un peu confidentiel, il y a plus de chances qu'il existe en natif chez Zapier.

Make a un catalogue plus réduit mais largement suffisant pour une stack marketing classique : CRM, outils d'emailing, formulaires, publicité, tableurs, Slack, Notion, WordPress, les réseaux sociaux. Et il compense avec un module HTTP très accessible qui permet de parler à n'importe quelle API, même sans connecteur dédié. Il faut lire une documentation, oui, mais c'est faisable sans savoir coder.

Pour le trio du marketeur, c'est-à-dire le CRM, l'emailing et les formulaires, les deux font le travail. Si vous êtes en train de choisir le CRM le plus adapté à une TPE, regardez au passage lequel des deux connecteurs est le plus complet pour l'outil retenu. Idem si vous reliez vos séquences après avoir appris à mettre en place une prospection LinkedIn automatisée avec Waalaxy ou lemlist : vérifiez que l'outil de séquences est bien couvert.

Ce que ça change concrètement pour une équipe marketing

Écran d'ordinateur montrant un scénario d'automatisation visuel avec plusieurs branches et conditions

Prenons trois cas que je rencontre tout le temps.

Courbe d'apprentissage et fiabilité au quotidien

Soyons honnêtes : Zapier gagne sur la première heure. L'interface guide, les modèles de Zaps sont nombreux, les messages d'erreur sont clairs. Quelqu'un du marketing sans appétence technique peut être autonome le jour même.

Make réclame une demi-journée d'investissement. Comprendre la différence entre un déclencheur instantané et un déclencheur planifié, savoir où lire la sortie d'un module, apprivoiser les bundles et les routeurs. Une fois cette marche franchie, la courbe s'inverse : on va plus vite sur Make parce qu'on voit tout, et on débogue plus facilement parce que chaque module affiche ce qu'il a reçu et renvoyé.

La question RGPD, souvent oubliée

Vos automatisations font transiter des données personnelles : emails, noms, parfois numéros de téléphone. Les deux éditeurs sont des sous-traitants au sens du RGPD et vous devez les mentionner comme tels. Zapier est une entreprise américaine qui traite les données aux États-Unis, ce qui vous place dans le cadre des transferts hors Union européenne, encadrés par les mécanismes que détaille la CNIL. Make, d'origine européenne, propose de choisir une zone d'hébergement en Europe à la création du compte, ce qui simplifie la conformité pour une PME française.

Ce n'est pas un critère éliminatoire, les deux sont utilisés par des milliers d'entreprises européennes. Mais si vous avez déjà pris la peine de départager Brevo et Mailchimp pour une PME française en partie sur ce critère, autant rester cohérent sur la brique qui relie tout.

Mon verdict selon votre profil

Choisissez Zapier si vous êtes seul ou à deux sur le marketing, que vous avez trois ou quatre connexions simples à monter et aucune envie d'apprendre un nouvel outil. Vous paierez un peu plus cher à volume égal, mais vous ne perdrez pas de temps.

Choisissez Make si vous automatisez une vraie chaîne marketing, avec du routage, des conditions et des volumes qui grossissent. L'investissement initial se rembourse en quelques semaines, sur la facture et sur la souplesse.

Et si vous hésitez encore, faites le test suivant : prenez l'automatisation la plus compliquée dont vous rêvez, pas la plus simple, et montez-la sur les deux offres gratuites un après-midi. Celle qui vous aura paru la plus naturelle à construire est celle qu'il faut garder. On ne change pas de plateforme d'automatisation tous les six mois, autant choisir pour la suite.

Questions fréquentes

Q.Peut-on migrer ses automatisations de Zapier vers Make (ou l'inverse) ?

Il n'existe pas d'import automatique fiable entre les deux. On refait les scénarios à la main, en profitant de l'occasion pour les simplifier. Pour une dizaine de flux, comptez une à deux journées de travail, puis une période où les deux tournent en parallèle pour vérifier que rien n'est perdu.

Q.Faut-il savoir coder pour utiliser Make ?

Non. Tout se fait en glisser-déposer et en remplissant des champs. Savoir lire un format JSON et comprendre ce qu'est une API aide pour les cas avancés (module HTTP, webhooks), mais ce n'est pas un prérequis pour relier un formulaire, un CRM et un outil d'emailing.

Q.Les automatisations peuvent-elles casser quand un outil change ?

Oui, c'est le risque principal des deux plateformes. Une mise à jour d'API chez votre CRM ou un champ renommé dans un formulaire suffit à faire échouer un flux. Activez les alertes par email, consultez l'historique une fois par semaine et documentez chaque automatisation dans une page partagée : vous saurez quoi réparer et dans quel ordre.

AR
L'auteur
Antoine Rivière

Moi c'est Antoine Rivière, consultant en marketing digital depuis près de dix ans auprès de PME et de start-up. J'ai créé La Fabrique à Trafic pour partager ce qui marche vraiment en acquisition : SEO, contenu, publicité, outils, sans bullshit ni promesses magiques.

Ici, des méthodes testées, des chiffres, et des retours de terrain. L'objectif : vous aider à faire grandir votre activité en ligne, étape par étape.

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